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Les élections sous l'ombre de la guerre : Questions autour du premier scrutin législatif russe depuis l'invasion

Les élections législatives russes, tenues du 18 au 20 septembre 2026, pourraient sembler être un simple rendez-vous politique de routine. Cependant, elles soulèvent la question de savoir si elles ne servent pas à légitimer institutionnellement l'état de guerre et à le présenter comme une volonté populaire.
Ces élections sont symboliques car elles sont les premières depuis l'invasion totale de l'Ukraine par la Russie en 2022. Dans un contexte de guerre prolongée, elles interrogent la signification de la guerre dans un système politique où elle est devenue banale. Au-delà d'un simple événement politique empruntant la forme d'une élection, elles pourraient fonctionner comme un mécanisme de légitimation institutionnelle de la guerre.
En réalité, ces élections sont utilisées par la Russie pour renforcer l'intégration des territoires occupés en Ukraine. Pour la première fois, des circonscriptions législatives ont été établies dans les régions occupées de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson, permettant aux habitants d'envoyer des représentants au parlement fédéral. Ce processus institutionnalise une série de mesures allant de l'occupation à la naturalisation, en passant par le vote forcé et la déclaration d'annexion, renforçant ainsi la légitimité politique de la guerre.
En tant que mécanisme de légitimation institutionnelle, ces élections visent à présenter la guerre comme un « choix du peuple ». Le Kremlin exploite les élections pour afficher le soutien populaire à la guerre et justifier sa poursuite. De nombreux vétérans de la guerre se sont présentés comme candidats, et les campagnes électorales ont mis l'accent sur la « victoire pour la guerre ».
Cependant, la question demeure de savoir si ces élections reflètent véritablement l'opinion publique ou s'il s'agit d'une mise en scène politique contrôlée. Les partis anti-guerre comme Yabloko ont été exclus du processus électoral, et la surveillance indépendante des élections a pratiquement disparu. Bien que les élections aient eu lieu, la diversité politique et la concurrence ont été sévèrement réprimées.
Dans ce contexte, peut-on vraiment considérer ces élections comme un moyen de conférer une « légitimité politique »? Le Kremlin peut prétendre avoir obtenu le soutien populaire à la guerre par le biais des élections, mais en réalité, le mécontentement grandit face à la fatigue de la guerre et aux difficultés économiques. Les sondages montrent que l'effet de ralliement autour du drapeau s'estompe, et la montée en popularité de Yabloko en est une indication.
Malgré cela, le Kremlin ne cesse de tenter de renforcer la légitimité de la guerre par le biais des élections. Le caractère prévisible des résultats électoraux montre à quel point ce système est finement conçu. Les élections servent de couverture politique pour la poursuite de la guerre, présentées à l'extérieur comme un « processus démocratique », mais fonctionnant en interne comme un outil de maintien du pouvoir et de justification de la guerre.
Ces élections ne sont qu'une scène illustrant l'institutionnalisation de la guerre. Alors que la guerre s'enracine profondément dans le système politique, les élections ne sont plus un moyen de sonder la volonté populaire, mais un mécanisme de légitimation politique pour la poursuite de la guerre. À mesure que ces élections se répètent, la guerre devient une réalité politique et institutionnelle. Le lecteur est invité à réfléchir à la manière dont la guerre s'infiltre dans le système institutionnel et comment ce système légitime la guerre.
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Sources
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